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jeudi 16 juillet 2026

Jeudi Poésie



Élévation  

Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,

Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l’onde,
Tu sillonnes gaiement l’immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
Va te purifier dans l’air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d’une aile vigoureuse
S’élancer vers les champs lumineux et sereins ;

Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
– Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes !

Charles Baudelaire, Les fleurs du mal

dimanche 3 mai 2026

Pour patienter...la photo du dimanche !

 Billet programmé

Photo du dimanche avec Monica


Une petite fleur de bord du chemin  et son visiteur ! 

dimanche 15 mars 2026

Photo du dimanche avec Monica


Photo du dimanche avec Monica


 vite une photo

pour ce magnolia a la fleur si fragile ! 

Petite pause d écran 

À bientôt 

dimanche 12 octobre 2025

jeudi 31 juillet 2025

Jeudi poésie - Le Chardon



La fleur du chardon se carrait
Au milieu des piquants dont sa tige est armée ;
Et sans plus de façons, d'elle-même charmée,
À la rose se préférait.
« Je suis plus qu'elle encore et sévère et pudique,
Car on la vit parfois s'humaniser un peu.
Quant à moi, qu'on approche, et l'on verra beau jeu !
Ma devise est, enfin : Qui s'y frotte s'y pique.
« — Et pourquoi s'y frotterait-on ? »
Dit un jeune berger qui cherchait aventure :
« Pour jouir d'une rose on brave une blessure ;
Mais se fait-on piquer pour cueillir un chardon ? »

Antoine-Vincent Arnault 17661834


dimanche 6 juillet 2025

jeudi 1 mai 2025

jeudi poésie encore Maurice Carême !



 

Cloches naïves du muguet,
Carillonnez ! car voici Mai !

Sous une averse de lumière,
Les arbres chantent au verger,
Et les graines du potager
Sortent en riant de la terre.

Carillonnez ! car voici Mai !
Cloches naïves du muguet !

Les yeux brillants, l'âme légère,
Les fillettes s'en vont au bois
Rejoindre les fées qui, déjà,
Dansent en rond sur la bruyère.

Carillonnez ! car voici Mai !
Cloches naïves du muguet !"


      Maurice Carême

jeudi 20 mars 2025

Jeudi poésie - Ibrahim Safa



 

C’est moi, le coquelicot sauvage, libre je vis, libre je fleuris.

 

C’est moi le coquelicot sauvage

On ne me cultive pas, on ne me parfume pas

J’ai élu demeure dans les steppes comme mes compagnes les biches

L’eau je la tiens de la pluie, loin des rives du ruisseau

Où l’on est trop à l’étroit

Au jardin, je ne pousse pas

 

C’est moi, le coquelicot sauvage, libre je vis, libre je fleuris

 

Si mes joues sont enflammées, c’est par le sang de mes veines

La beauté de mon visage se passe de tout artifice

Tête haute, ferme sur ma tige je n’ai besoin de personne

Ni de languir pour l’Aimé

Ni de me soucier du monde

 

C’est moi, le coquelicot sauvage, libre je vis, libre je fleuris

 

Vois-tu le feu de l’ivresse, couleur de ma robe pourprée

Et la blessure de l’Amour marque mon cœur brisé

Insouciante et libre, je me suis rendue aux plaines

Quand le sort d’un fol amour de la ville m’a chassée

 

C’est moi, le coquelicot sauvage, libre je vis, libre je fleuris

 

De mes couleurs verte et rouge, je dessine un jardin

Et la biche de Khotan s’enivre de mon parfum

Elle ploie sous le jeu de l’ivresse et à chaque instant me redresse

Je suis grâce de haut en bas, on ne me résiste pas

 

C’est moi, le coquelicot sauvage, libre je vis, libre je fleuris

Libre je suis sortie de terre, libre je mourrai.

 

Traduction : Sabrina Nouri

 

Ibrahim Safa (1904 -1971) est un poète afghan.


dimanche 9 février 2025

Photo du dimanche pour Monica

 Photo pour le dimanche de Monica


J'attends le printemps et les pervenches 

j'aime ces petites fleurs discrètes et cette teinte

(la photo est de l'année passée)


lundi 20 janvier 2025

Poésie Tulipes François Coppée


François Coppée

 

Ô rare fleur, ô fleur de luxe et de décor,

Sur ta tige toujours dressée et triomphante,

Le Velasquez eût mis à la main d'une infante

Ton calice lamé d'argent, de pourpre et d'or.

 

Mais, détestant l'amour que ta splendeur enfante,

Maîtresse esclave, ainsi que la veuve d'Hector,

Sous la loupe d'un vieux, inutile trésor,

Tu t'alanguis dans une atmosphère étouffante.

 

Tu penses à tes sœurs des grands parcs, et tu peux

Regretter le gazon des boulingrins pompeux,

La fraîcheur du jet d'eau, l'ombrage du platane ;

 

Car tu n'as pour amant qu'un bourgeois de Harlem,

Et dans la serre chaude, ainsi qu'en un harem,

S'exhalent sans parfum tes ennuis de sultane.

  

jeudi 7 novembre 2024

Jeudi poésie Jean Malrieu

 



Sur le seuil avec beaucoup d'ombre dans le dos
Je n'en finis pas de regarder une rose.
C'est la dernière de l'été. Ma mère aimait cette chanson.
Il est resté quelque chose d'elle dans l'automne
Comme « Soyez heureux » ou « Amitié d'un convive
absent ».

Jean Malrieu 1915 - 1976

mardi 3 septembre 2024

Un an de plus

 Merci 



Merci de vos passages

Merci pour vos messages

Merci pour l'amitié virtuelle

Un petit mot qui donne des ailes

Merci un petit mot qui fait du bien 



Ce n'était qu'un rêve

je ne suis pas retournée à Venise !




jeudi 18 avril 2024

jeudi poésie Apollinaire


 

l'Adieu

J’ai cueilli ce brin de bruyère
L’automne est morte souviens-t’en
Nous ne nous verrons plus sur terre
Odeur du temps brin de bruyère
Et souviens-toi que je t’attends

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913


dimanche 7 avril 2024

tercets printaniers

 


Quel déluge -

trempée comme une soupe

j'attends mon bus



Dans l'eau courante

le saule pleure son reflet

où es-tu Printemps



La pervenche

cette belle si discrète

- sourire d'avril

jeudi 28 mars 2024

Jeudi poésie

 


Après l’Homme, après l’Homme,
Qui dira aux fleurs comment elles se nomment ?
Après l’Homme, après l’Homme,
Quand aura passé l’heure de vie du dernier Homme.

 

Qui dira aux fleurs
Combien elles sont belles ?
N’y aura de cœur
A battre pour elles.

 

Après l’Homme, après l’Homme,
Que sera encore le mot “merveilleux” ?
Après l’Homme, après l’Homme,
Quand le dernier des hommes aura vidé les lieux.

 

Qui dira de la Terre
Qu’elle est sans pareille
Et que dans l’Univers
Elle est fleur de Soleil ?

 

Après l’Homme, après l’Homme…

Viens-t’en donc pour lors,
Viens-t’en donc l’ami,
Et chantons encore
Le jour d'aujourd’hui.

 

Esther Granek  De la pensée aux mots, 1997


jeudi 29 février 2024

Jeudi poésie Jules Supervielle

 


La pluie et les tyrans

Je vois tomber la pluie 
Dont les flaques font luire 
Notre grave planète, 
La pluie qui tombe nette 
Comme du temps d'Homère 
Et du temps de Villon 
Sur l'enfant et sa mère 
Et le dos des moutons, 
La pluie qui se répète 
Mais ne peut attendrir 
La dureté de tête 
Ni le cœur des tyrans 
Ni les favoriser 
D'un juste étonnement, 
Une petite pluie 
Qui tombe sur l'Europe 
Mettant tous les vivants 
Dans la même enveloppe 
Malgré l’infanterie 
Qui charge ses fusils 
Et malgré les journaux 
Qui nous font des signaux, 
Une petite pluie 
Qui mouille les drapeaux.

Jules Supervielle 1884 - 1960