jeudi 29 octobre 2026

jeudi poésie Albert Samain octobre...


Octobre est doux. – L’hiver pèlerin s’achemine
Au ciel où la dernière hirondelle s’étonne.
Rêvons… le feu s’allume et la bise chantonne.
Rêvons… le feu s’endort sous sa cendre d’hermine.

L’abat-jour transparent de rose s’illumine.
La vitre est noire sous l’averse monotone.
Oh ! le doux « remember » en la chambre d’automne,
Où des trumeaux défunts l’âme se dissémine.

La ville est loin. Plus rien qu’un bruit sourd de voitures
Qui meurt, mélancolique, aux plis lourds des tentures…
Formons des rêves fins sur des miniatures.

Vers de mauves lointains d’une douceur fanée
Mon âme s’est perdue ; et l’Heure enrubannée
Sonne cent ans à la pendule surannée…

Albert Samain 1858 - 1900



dimanche 25 octobre 2026

Photo du dimanche avec Monica

  La photo du dimanche avec Monica    


Le Cèdre pleureur de l'arboretum du Parc au loup



 voir aussi les photos de Floralie et Rose 63 , liens chez Monica

lundi 19 octobre 2026

Croqueurs de mots défi 333 de Martine

Pour le défi 333 (3 trois) des Croqueurs de Môts que Martine a le plaisir de lancer, elle vous propose d'écrire une histoire avec des extraits de plusieurs chansons au moins 3 mais si possible plus. Elle nous permet de rajouter un texte personnel très court pour débuter,  entre deux extraits et pour conclure.



Après une période chaude
Voici que nous aspirons à la pluie
Pas de soucis pas de prières
Il  suffit de chanter !

 

Le jour où la pluie viendra
Nous serons, toi et moi
Les plus riches du monde
Les plus riches du monde
Les arbres, pleurant de joie
Offriront dans leurs bras
Les plus beaux fruits du monde
Les plus beaux fruits du monde
Ce jour-là

 

Voilà la pluie est bien là
Et maintenant vous n’êtes pas content

 

Toute la pluie tombe sur moi de tous les toits À chaque instant, je me demande vraiment Ce qui m'arrive et ce que j'ai fait au Bon Dieu Ou à mes aïeux pour Qu'autant de pluie tombe, soudain comme ça, sur moi

 

Par contre certains ou même certaines
Optimiste par nature
Savent bien que peu importe le temps
On arrive toujours à trouver
Des moments plaisants

 

Un p’tit coin d’parapluie,
Contre un coin d’paradis.
Elle avait quelque chose d'un ange,
Un p’tit coin d’paradis,
Contre un coin d’parapluie.
Je n’perdais pas au change pardi !

 

Des moments de grandes découvertes
Des moments de coup de foudre
Le cœur s’emballe
Et par deux les yeux dans les yeux
Le monde autour n’existe plus
 
 

Les enfants qui s'aiment s'embrassent debout

Contre les portes de la nuit

Et les passants qui passent les désignent du doigt

Mais les enfants qui s'aiment

Ne sont là pour personne

Et c'est seulement leur ombre

Qui tremble dans la nuit

 

Mais parfois la vie n’est pas si simple
La jalousie crée des ravages
La passion devient aveuglante
Et c’est le drame

 

La premièr' fois que je l'ai vue,
Elle dormait, à moitié nue
Dans la lumière de l'été
Au beau milieu d'un champ de blé.
Et sous le corsag' blanc,
Là où battait son coeur,
Le soleil, gentiment,
Faisait vivre une fleur :
Comme un p'tit coqu'licot, mon âme !
Comme un p'tit coqu'licot.

Mais sous le corsage blanc
Juste où battait son cœur
Y avait trois gouttes de sang
Qui faisaient comme une fleur

Comme un petit coquelicot, mon âme
Un tout petit coquelicot

 

Arrive la fin de l’histoire
(Les histoires d'amour finissent mal)
Pleurer et souffrir
Lever la tête
Puis partir 

Il faut tourner la page
Aborder le rivage
Où rien ne fait semblant
Saluer le mystère
Sourire

Et puis se taire


Pour toi l’ange 333
Cette histoire
Farfelue, déjantée  et dérisoire
Un battement de tes ailes
Et elle aura disparu
Dès que la pluie
Sera venue

 

Vous aurez reconnu :

Gilbert Bécaud et Pierre Delanoë

Sacha Distel et Burt F. Bacharach , Hal David

Georges Brassens

Jacques Prévert et Vladimir Koska

Valéry Claude et Raymond Asso

Claude Nougaro et Philippe P. Saisse


dimanche 18 octobre 2026

La photo du dimanche avec Monica


 La photo du dimanche avec Monica    


à travers les vitres du musée de l'orangerie

à l'occasion du centenaire de Manet 

une très belle exposition...

 voir aussi les photos de Floralie et Rose 63 , liens chez Monica

jeudi 15 octobre 2026

Jeudi poésie Ismail Kadaré



Absence

Quelques gouttes de pluie ont frappé à la vitre
et j’ai soudain senti combien tu me manquais;
Nous habitons pourtant la même ville
Sans pour ainsi dire nous voir jamais.
Ce matin j’ai l’impression que l’automne
débute avec de drôles d’idées:
pas de cigognes dans le ciel morne,
pas d’arcs-en-ciel après l’ondée.
Une phrase d’Héraclite, il me semble,
m’est revenue je ne sais trop comment:
«Les gens éveillés vivent ensemble;
ceux qui dorment, séparément.»
En quel mauvais rêve avons-nous été engloutis
pour ne plus pouvoir nous réveiller?
A la vitre ont frappé quelques gouttes de pluie
et j’ai soudain senti combien tu me manquais.

Ismaïl Kadaré 1936 - 2024


dimanche 11 octobre 2026

la photo du dimanche avec Monica

 La photo du dimanche avec Monica   


Concert et chants ukrainiens à l'église de Marcq le 04/10

 voir aussi les photos de Floralie et Rose 63 , liens chez Monica

jeudi 8 octobre 2026

Jeudi poésie François Coppée

 


Un rêve de bonheur qui souvent m’accompagne,
C’est d’avoir un logis donnant sur la campagne,
Près des toits, tout au bout du faubourg prolongé,
Où je vivrais ainsi qu’un ouvrier rangé.
C’est là, me semble-t-il, qu’on ferait un bon livre.
En hiver, l’horizon des coteaux blancs de givre ;
En été, le grand ciel et l’air qui sent les bois ;
Et les rares amis, qui viendraient quelquefois
Pour me voir, de très loin, pourraient me reconnaître,
Jouant du flageolet, assis à ma fenêtre.

François Coppée