vendredi 24 janvier 2020

Tercets du vendredi - Idée fixe



Être à l'heure
la politesse des rois
- une idée fixe


Diable d'idée fixe
il faut savoir écouter
ou marmonner


Océan - montagne ?
Pas de vacances sans la mer
- Au loin les bateaux
 


LC de la Cachette - texte - photos

jeudi 23 janvier 2020

Jeudi poésie - Victor Hugo pour Fanfan



Le mot


Braves gens, prenez garde aux choses que vous dites !
Tout peut sortir d'un mot qu'en passant vous perdîtes ;
TOUT, la haine et le deuil !
Et ne m'objectez pas que vos amis sont sûrs
Et que vous parlez bas.
Écoutez bien ceci :
Tête-à-tête, en pantoufle,
Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle,
Vous dites à l'oreille du plus mystérieux
De vos amis de cœur ou si vous aimez mieux,
Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire,
Dans le fond d'une cave à trente pieds sous terre,
Un mot désagréable à quelque individu.
Ce MOT — que vous croyez que l'on n'a pas entendu,
Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre —
Court à peine lâché, part, bondit, sort de l'ombre ;
Tenez, il est dehors ! Il connaît son chemin ;
Il marche, il a deux pieds, un bâton à la main,
De bons souliers ferrés, un passeport en règle ;
Au besoin, il prendrait des ailes, comme l'aigle !
Il vous échappe, il fuit, rien ne l'arrêtera ;
Il suit le quai, franchit la place, et cætera
Passe l'eau sans bateau dans la saison des crues,
Et va, tout à travers un dédale de rues,
Droit chez le citoyen dont vous avez parlé.
Il sait le numéro, l'étage ; il a la clé,
Il monte l'escalier, ouvre la porte, passe, entre, arrive
Et railleur, regardant l'homme en face dit :
"Me voilà ! Je sors de la bouche d'un tel."
Et c'est fait. Vous avez un ennemi mortel.



Victor Hugo


lundi 20 janvier 2020

Croqueurs de mots - défi 230 Fanfan se déchaine


Fanfan aux commandes
Donc voici le défi N°230
Vous allez compléter ce texte  à trous  par des mots de votre choix  pour changer ce texte

Ô ...... ! Ô désespoir ! Ô ....... ennemie !
N’ai-je donc tant ...... que pour cette ........ ?
Et ne suis-je ...... dans les travaux .........
Que pour ...... en un jour ....... tant de .......... ?
Mon bras, qu’avec ....... toute ........... admire,
Mon ......, qui tant de fois a ....... cet ..........,
Tant de fois affermi le ........de son ......,
Trahit donc ma ........, et ne fait rien pour moi ?
Ô ....... souvenir de ma  passée !
 ...........de tant de jours en un jour ...... !
Nouvelle ........., fatale à mon bonheur !
Précipice élevé d’où tombe mon........... !
Faut-il de votre....... voir triompher le .........,
Et .......... sans vengeance, ou vivre dans la ....... ?
.........., sois de mon ....... à présent .........:
Ce haut ......n’admet point un ....... sans ........ ;
Et ton jaloux........., par cet ........ insigne,
Malgré le choix du ...., m’en a su rendre ........
Et toi, de mes exploits ....... instrument,
Mais d’un ..... tout de....... inutile ornement,
Fer, jadis tant à craindre, et qui, dans cette ........,
M’as servi de ......, et non pas de .......,
Va, quitte désormais le ....... des ..........,
Passe, pour me ........, en de ....... mains.
(Vous avez reconnu la tirade de Don Diègue dans le Cid de Corneille )

Ô cruelle! Ô désespoir ! Ô femme  ennemie !
N’ai-je donc tant offert que pour cette filouterie?
Et ne suis-je endetté dans les travaux forcés
Que pour subir  en un jour maudit tant de raclée ?
Mon cœur, qu’avec envie toute la foule admire,
Mon cœur, qui tant de fois a subit ce déplaisir,
Tant de fois affermi le papillon de son ver à soie,
Trahit donc ma confiance, et ne fait rien pour moi ?
Ô  horrible souvenir de ma  vie passée !
Souvenirs de tant de jours en un jour oubliés!
Nouvelle faillite fatale à mon bonheur !
Précipice élevé d’où tombe mon agresseur !
Faut-il de votre pensée  voir triompher le doute
Et rester sans vengeance, ou vivre dans la soute?
Fanfan, sois de mon  soutien  à présent  le garant:
Ce haut  malheur n’admet point un regret sans  tourment ;
Et ton jaloux amant, par cet  amour insigne,
Malgré le choix du menu  m’en a su rendre la vigne
Et toi, de mes exploits exécrable instrument,
Mais d’un chapeau tout de même inutile ornement,
Feu, jadis tant à craindre, et qui, dans cette occasion,
M’as servi de support, et non pas de raison
Va, quitte désormais le salon des écrivains,
Passe, pour me rembourser, en de blanches  mains.


vendredi 17 janvier 2020

Tercets du vendredi - Poche



 Mouchoirs de poche
totalement obsolètes
souvenirs d'antan


Poche en papier
pour le pain du boulanger
- épis de blé


Toujours dans la poche
une gourmandise subtile
- Aïe ma balance

 
Retour chez soi
- les médocs sont dans la poche
du pharmacien



LC de la Cachette - texte - photos

jeudi 16 janvier 2020

Jeudi poésie - les arbres



Les arbres


Si l’arbre ne devient pas la mesure de ton pas
S’il n’oriente en toi l’espace et le chemin
Si son écorce ne t’épaule en marchant
Si ses bourgeons tout en haut ne t’allègent


Si son tronc vertigineux ne t’envoûte
Si son chant immobile ne te foudroie
Si sa danse ne t’emporte vers le ciel
Si son ombre sacrée ne te recouvre


Si ses feuillages en toi ne respirent
Si ses mousses sont trop froides pour toi
S’il tend en vain l’or de ses lichens
Si sa vie silencieuse ne t’abrite


Si sa sève ne s’accorde à ton sang
Si tu restes aveugle au feu de son vitrail
Si tu ne sens monter sa fièvre végétale
S’il n’éclaire la forêt de ton pas


S’il ne démêle en toi tes pauvretés inutiles
Si tu ne le perçois qu’au tumulte qui t’agite
Si tu n’entends sourdes l’orchestre de ses racines
Si tu ne suis la partition allègre de ses bois


S’il ne t’enivre d’aventures promises
S’il ne creuse en toi des sillons inconnus
S’il ne ruisselle en toi de forces contenues
S’il n’ouvre à fonds perdus les trésors de ta joie


Alors vaine est ta course
Infertile ta solitude
Infructueux ton poème
Stérile le sentier parcouru.



vendredi 10 janvier 2020

Lettre du père Noël des croqueurs de mots 229




Mon très cher petit

Cette année c’est décidé tu n’entendras pas ma troïka tintinnabuler dans le ciel.

Finie les tournées interminables dans l’air glacé.

Finis les demandes incongrues de jouets ou d’objets introuvables.

Avec Mama Noël on va enfin s’éclater.

C’est avec joie que  j’ai décidé de prendre ma retraite ayant bien calculé tous mes trimestres cumulés j’ai assez de points pour partir au soleil soigner ma santé.

Ce soir enfin un Réveillon où nous allons savourer un plat de rognons au madère suivi de crêpes flambées puis regarder danser les vahinés joliment drapées de pagnes cascadant sur les hanches.

Pour toutes réclamations tu peux me joindre voici le numéro de mon smartphone : 06 Père Noël … Mais inutile de t’embarbotter dans des phrases alambiquées pour protester, ma décision est irrévocable et non négociable.

Voici le dernier cadeau : Un rameau d’olivier apporté par une tourterelle, avec tes semblables essaye d’en voir le bel usage.

Au revoir mon très cher petit et rappelle à tes parents que  L’amour et l’amitié se donne mais ne s’achète pas.


LC de la Cachette - texte - photo
( Mon ordinateur m'annonce que lui aussi prend sa retraite... il parait qu'il devient obsolète à partir du 14 janvier !)
à suivre...je pourrai vous lire à partir du téléphone mais je ne pourrai pas commenter certains blogs