vendredi 16 avril 2021

Tercets du vendredi - onomatopées

Chez Lénaïg 


Bzz bzz la mouche
tentée par cette fleur solaire
- couronne sans virus 


Sedum miam miam
les abeilles s'activent
- bientôt le miel


Cocorico
tu dis aimer la nature
si je me tais


A Grenade
un prince charmant m'attend
- Splach dans le bassin



La tête levée
clic clac tu es dans la boite
mon écureuil


LC de la Cachette  texte - photos

jeudi 15 avril 2021

Jeudi poésie - Anatole Le Braz


Pour ce défi 249, c’est Laura qui a accepté de prendre la barre.

Voici ce qu’elle nous propose …

Pour le premier jeudi poésie du 15 avril,

j’aimerai qu’il soit question de PAQUES, tout juste passé. 


Cloches de Pâques

A Louis Tiercelin

Voici les cloches revenues !
Les Pâques ont sonné dans l'air,
Et le printemps rit sur la mer
Dans le sourire blond des nues.

Voici venir par les chemins
Les croyants, les porteurs de palmes;
Ils ont la foi dans leurs yeux calmes,
Et des rosaires dans les mains.

Des couronnes de primevères
Au front des Dieux morts vont fleurir;
On entend des sèves courir
Dans le granit des vieux calvaires.

Des pécheurs ont vu, sur les eaux,
Blanchir la robe du Doux Maître.
Les enfants qui viennent de naître
Ont bégayé dans leurs berceaux.

Et, sous le porche de l'église,
Les saints tressaillent, rajeunis
De sentir éclore des nids
Dans leurs manteaux en pierre grise.

C'est fini des tristes hivers.
Ces moissonneurs de choses mortes
N'iront plus de portes en portes
Geignant le cri des pilawers *.

Carillonnez Pâques fleuries !
Voici les Temps, les Temps nouveaux !
Déjà hennissent les chevaux
Dans la liberté des prairies.

Des souffles, de grands souffles fous,
Traversent la mer Atlantique,
Et la noble ivresse celtique
A gonflé les sacs binious !

Anatole Le Braz 1859 - 1926

*terme breton qui signifie : chiffonniers, colporteurs





vendredi 9 avril 2021

Tercets du vendredi - Salle d'attente

 Chez Lénaïg


La salle d'attente
Inquiétudes et sueurs froides
- L'enfer blanc


Attente prolongée
sans fin les heures s'éternisent
- Livres et mots-croisés


Un siège sur trois
Les visites sont interdites
- Fenêt
re la ville


LC de la Cachette  texte - photos

jeudi 8 avril 2021

Jeudi poésie - Rondeau Charles d'Orléans

Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie,
Et s'est vêtu de broderies,
De soleil luisant, clair et beau.

    Il n'y a bête ni oiseau
Qu'en son jargon ne chante ou crie :
Le temps a laissé son manteau !

    Rivière, fontaine et ruisseau
Portent, en livrée jolie,
Gouttes d'argent, d'orfèvrerie,
Chacun s'habille de nouveau :
Le temps a laissé son manteau.


Charles d’Orléans 1394 - 1465



vendredi 2 avril 2021

Tercets du vendredi - Blanc/soleil

 Chez Lénaïg 




Des îles au soleil
blanc et bleu sous le ciel grec
- Voyage en pensée


Vitamine D
au diable les pantalons
pour une peau dorée


Si élégant
ce tourment de nos jardins
- Blanc liseron


LC de la Cachette  texte - photos

jeudi 1 avril 2021

Jeudi Poésie - animaux


Défi 248 par Durgalola

 

Conseil tenu par les Rats


Un Chat, nommé Rodilardus

Faisait des Rats telle déconfiture
Que l’on n’en voyait presque plus,
Tant il en avait mis dedans la sépulture.
Le peu qu’il en restait, n’osant quitter son trou,
Ne trouvait à manger que le quart de son sou,
Et Rodilard passait, chez la gent misérable,
Non pour un Chat, mais pour un Diable.
Or un jour qu’au haut et au loin
Le galant alla chercher femme,
Pendant tout le sabbat qu’il fit avec sa Dame,
Le demeurant des Rats tint chapitre en un coin
Sur la nécessité présente.
Dès l’abord, leur Doyen, personne fort prudente,
Opina qu’il fallait, et plus tôt que plus tard,
Attacher un grelot au cou de Rodilard ;
Qu’ainsi, quand il irait en guerre,
De sa marche avertis, ils s’enfuiraient en terre ;
Qu’il n’y savait que ce moyen.
Chacun fut de l’avis de Monsieur le Doyen,
Chose ne leur parut à tous plus salutaire.
La difficulté fut d’attacher le grelot.
L’un dit : « Je n’y vas point, je ne suis pas si sot »;
L’autre : « Je ne saurais. » Si bien que sans rien faire
On se quitta. J’ai maints Chapitres vus,
Qui pour néant se sont ainsi tenus ;
Chapitres, non de Rats, mais Chapitres de Moines,
Voire chapitres de Chanoines.
Ne faut-il que délibérer,
La Cour en Conseillers foisonne ;
Est-il besoin d’exécuter,
L’on ne rencontre plus personne.

 Jean de La Fontaine

LC de la Cachette  - photo 

lundi 29 mars 2021

Croqueurs de mots défi 248

défi 248 proposé par Durgalola
extrait du journal IX  – GRATITUDE de Charles Juliet (2004/2008)
« On m’a demandé d’indiquer les dix mots que j’affectionne.
Les dix mots qui ont pour moi une signification particulière.
Quand j’ai voulu les rassembler, j’ai préféré ne pas trop réfléchir.
Il fallait qu’ils viennent spontanément.
Je les livre en désordre, car il ne peut y avoir entre eux de hiérarchie.
COMPASSION – MERE – TERRE – MUTATION – LUMIERE – CENTRE
– SOURCE – VOIX – REGARD – ECOUTE … »
Vous écrirez un texte avec ces dix mots ou si vous le souhaitez, avec vos dix mots préférés. 



Ma mère vois-tu cette lumière
Qui vient de la terre
Regarde cette source
Ecoute sa voix
Elle centralise la compassion
Dans un monde en mutation


Assis sur une pierre devant l'océan
Un enfant malicieux au cœur pur
Face à la beauté d'un couchant
Qui enflamme le ciel
Entre les nuages

Douce soirée
 Invitation
Au mystère
Au rêve

Est-il possible de ressentir
De l'harmonie quand
Souffle le vent
De résister à la poésie
Qui transparaît dans
Les fêlures de la conscience
Face aux incertitudes

Dans le silence de la forêt 
Seules les feuilles nous apportent 
Une réponse


LC de la Cachette  texte - photos

lundi 22 mars 2021

Printemps des poètes 2021 - Désir

Indécents désirs 

Désir de plaisirs
Désir de vie
Tourments de l’esprit
Jusqu’à la culpabilité
Dans un monde détruit
Indécent désir d’amour
Envies insensées et impétueuses
Devant le chaos
Et la misère qui se profilent
Désirs humains
Rêves extravagants
D’arbres et de fleurs
De chants d’oiseaux
Loin des automates
Des robots décervelés
Comment expliquer
Ce désir insensé
D’un monde fraternel
Est-il un antigène
Contre la haine
Sous quels cieux
Vivre heureux
Loin des guerres fratricides
Issues des génocides
Oui comment expliquer
Ce désir insensé
Sans mépris du populaire
Par un monde d’experts

LC de la Cachette  texte - photos

vendredi 19 mars 2021

Tercets du vendredi beauté ou laideur

 Chez Lénaïg


Dans chaque regard 

On trouve toutes  beautés
- Fleurs de Mars


Laideur des ruines - 
Quand l'incendie se déchaîne 
le ciel s'obscurcit




LC de la Cachette  texte - photos

jeudi 11 mars 2021

"Jeu dit" métagrammes !

Marie & François  à la barre des métagrammes 

Il est une Reine dans la peine
Une rumeur  laissant courir 
Le bruit d'une tumeur 
Pourtant elle badine cette radine
Qui a été vue dans la rue
Dans la foule qui roule 
(et nous entraîne...)
Pour un jour glacé
Sur cette place
A la terrasse d'un café
Sirotant un Tavel
En écoutant du Ravel

Soudain dans le ciel
Couleur miel
Un gros et gris
Aigle de sa voix aiguë
Trompette
Au dessus
Du bois des Rois
Et la reine a repris
Son chemin avec mépris 


lundi 8 mars 2021

Croqueurs de mots défi 247 des Cabardouche

Défi 247 Marie & François  à la barre 
Voici un portrait à partir duquel vous raconterez une anecdote,
vous devez impérativement utiliser les verbes suivants.
barguigner
renauder
vermiller
écuisser
musser 

Maman qui était l’aînée d’une grande fratrie aimait beaucoup son grand-père et me racontait souvent qu’il l’appelait mon petit renard tant elle était rusée et mussait dans son appentis. Son grand-père était sabotier près de La Grée Boury. Elle l’accompagnait parfois dans les bois sans barguigner, je pense que c’est à son contact qu’elle a appris la pose des collets pour attraper les lapins, piéger les poissons dans les petites rivières, tout ce qui pouvait améliorer un repas était bienvenu pour nourrir la nombreuse famille. Elle savait reconnaître le passage des animaux en regardant les traces des cochons qui avaient vermillé à la recherche des glands.

Hélas un jour en écuissant son grand -père se blessa méchamment aux jambes et ne put continuer son travail. Il faut se rappeler l’époque, ce tout début du XX siècle dans « la Bretagne profonde » pour survivre c’était aide toi le ciel t’aidera ! Aussi quand le grand-père devint impotent il trouva sa place en s’occupant des petits qui en étaient ravis sans jamais renauder. Il aimait leur tricoter chaussettes et pèlerines, en racontant les légendes locales. Maman racontait sa frayeur quand elle devait passer la nuit près du lavoir craignant de rencontrer les blanchisseuses de l’Ankou !

Cet ancêtre est la seule personne qu’évoquait maman, elle gardait le souvenir d’un homme bon et en parlait avec tendresse.



jeudi 4 mars 2021

Logogriphe (tentative très hasardeuse)


Défi diabolique des Cabardouche


L'un est irisé
L'autre nous garde
C'est au ciel qu'on peut les trouver

***

Au diable les bactéries néfastes
Tout contre au naturel et enthousiaste
Au diable la bête honni des chats et chiens
Que je cherche patiemment de mes mains
A leur retour du jardin


juste pour l'essai : 
sur 8 pieds on me garde précieusement
retirez m'en 4 je manque à Job

retirez  ma tête je le souhaite du printemps

Et voici celui trouvé comme exemple bien meilleur que mes élucubrations de vacances :
J'instruis les humains ; si tu me coupes ma tête,
je n'ai plus de raison et suis pis que la bête.

(Livre, ivre)

Archange

Arc

Ange


 Antibiotique

Anti

Bio

Tique

Souvenir

Sou

Venir

vendredi 26 février 2021

Tercets du vendredi - insolite

Chez Lénaïg



Que cherche ce chat
au fond du seau pas d'oiseau
juste de l'eau 


Arbre endimanché
Dentellière ou araignée
à Pont l'Abbé



Tête à tête tendu
les lettres jaillissent en vrac
- Des noms d'oiseaux



Le triporteur
solution écologique
vue à Quimper 


LC de la Cachette  texte - photos

jeudi 25 février 2021

Jeudi poésie - Victor Hugo - nid

 

Défi 246

ABC   en son jardin 


 

C'est l'abbé qui fait l'église ;
C'est le roi qui fait la tour ;
Qui fait l'hiver ? C'est la bise.
Qui fait le nid ? C'est l'amour.

Les églises sont sublimes,
La tour monte aux cieux,
L'hiver pour trône a les cimes ;
Mais le nid chante et vaut mieux.

Le nid, que l'aube visite,
Ne voit ni deuils, ni combats ;
Le nid est la réussite
La meilleur d'ici-bas.

Là, pas d'or et point de marbre ;
De la mousse, un coin étroit ;
C'est un grenier dans un arbre,
C'est un bouquet sur un toit.

[…]

C'est l'effort le plus superbe,
C'est le travail le plus beau,
De faire tordre un brin d'herbe
Au bec d'un petit oiseau.

En vain rampe la couleuvre ;
L'amour arrange et bénit
Deux ailes sur la même œuvre,
Deux cœurs dans le même nid.

Ce nid où l'amour se pose,
Voilà le but du ciel bleu ;
Et pour la plus douce chose
Il faut le plus puissant dieu.

Victor Hugo.

Les chansons des rues et des bois (1865)



lundi 22 février 2021

Croqueurs de mots défi 246 ABC


Défi n° 246
Pour le lundi 22 février :
ABC 
S.O.S jardinier :


Cher Amiral, vos croqueurs sont des « motivores », en passant par mon jardin, ils ont dévoré tous mes mots. Sans mot, mon jardin de mots n’a plus de sens, il est anéanti. Demandez-leur, je vous en conjure, de m’envoyer chacun sa meilleure recette, pour que les mots de mon jardin puissent refleurir dès le début du printemps.
Consigne : Écrire une recette simple et efficace pour réparer les dégâts provoqués par tous les « motivores ».


 Les mots sont des oiseaux
Qui s'envolent bien haut
Et qui choisissent un jardin
Pour planter l'arbre à mots
Et semer des petites graines
Qui en germant donneront
Bourgeons boutons et rejetons

Voilà Annick
Une petite recette
Concoctée
Pour ton défi

Prends une belle feuille
Même une pelure ou une écorce
Puis avec une paille imbibée
De brou de noix tu noteras
Que le bouleau est plein de charme
Que les soucis ont des amis
Si tu désires du regain
    Arrose d'amour ton jardin
Tous les mots seront là
Comme un bouquet garni
Ramasse les mots qui traînent
Avec un râteau  ou un filet à papillons 
Cours à travers champs 
Dès que le printemps reviendra
Mets tous ces mots dans un grand sac
Puis le remuer l'agiter le secouer
Enfin l'ouvrir et piocher
Saisir l'un et l'autre
Afin de les marier
Et les faire chanter...


LC de la Cachette  texte - photos


jeudi 18 février 2021

Jeudi poésie - Paul Géraldy - Bourgeon

Défi 246

 ABC dans son jardin 



Le bourgeon

Comme un diable au fond de sa boîte,
Le bourgeon s'est tenu caché.
Mais dans sa prison trop étroite
Il baille et voudrait respirer.

Il entend des chants, des bruits d'ailes,
Il a soif de grand jour et d'air.
Il voudrait savoir les nouvelles,
Il fait craquer son corset vert.

Puis, d'un geste brusque, il déchire
Son habit étroit et trop court
"Enfin, se dit-il, je respire,
Je vis, je suis libre. Bonjour !"

 

Paul Géraldy



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