lundi 19 novembre 2018

Croqueurs de mots - défi 212


Street- art
le défi 212 va consister à écrire une petite histoire en y incluant au moins l'une des propositions suivantes :
  • un regard bizarre,
  • les murs ont de grandes oreilles,
  • la chance me sourit.

J'ai perdu mon chat... un jour mon voisin me dit :

- Dites donc la Mère Michel je peux graffer son portrait dans la rue
mes bombes tiendront sous le crachin mieux que votre papier scotché  

Sitôt dit sitôt fait

Vous trouvez qu'il a un regard bizarre ?
Mon voisin est un marin qui abuse parfois d'algues étranges
Obsédé par l'animal aux grandes oreilles
Il a du travailler son art un soir de cauchemar 


 La rumeur dit que les murs ont des oreilles
 Mais si un jour la chance lui sourit
Avant de tomber entre les griffes du père Lustucru

" Le matou revient le jour suivant
Le matou revient il est toujours vivant..."*

*Steve Waring


LC de la Cachette  texte 

samedi 17 novembre 2018

Nid des mots




ABC en son jardin



Mark Rothko -White over red , 1956

Je suis assise devant ce tableau irradiant.

Le rouge domine, il m'enveloppe de sa chaleur ne laissant qu'un espace d'une blancheur nacrée, comme une fenêtre au contour flou ouverte sur le possible.
Les  bords semblent subtilement tenter d'avaler l'espace qui s’obscurcira peu à peu.

C'est ce qui se passe, c'est notre dernière portion de vitale.
L'angoisse va t-elle  surgir ou calmement vais-je me laisser absorber par ce cocon lumineux qui jaillit de la toile.

Mais c'est le tragique du peintre qui l'emporte et ses toiles restent avec leurs profonds mystères dont je ressens les vibrations. 

vendredi 16 novembre 2018

Tercets du vendredi - 14/18




Comme tant d'autres
il est mort à vingt ans 
ce poilu

 
Sur la colline
seule la pierre est vivante
- Souvenirs



Dans le petit bois
qui se souvient des poilus
- Ossuaire anonyme
*clic sur photo mieux pour se rendre compte de l'importance du lieu
LC de la Cachette  texte -clic sur photos

jeudi 15 novembre 2018

Jeudi poésie



Conseils


Eh bien ! mêle ta vie à la verte forêt !
Escalade la roche aux nobles altitudes.
Respire, et libre enfin des vieilles servitudes,
Fuis les regrets amers que ton cœur savourait.


Dès l’heure éblouissante où le matin paraît,
Marche au hasard ; gravis les sentiers les plus rudes.
Va devant toi, baisé par l’air des solitudes,
Comme une biche en pleurs qu’on effaroucherait.


Cueille la fleur agreste au bord du précipice.
Regarde l’antre affreux que le lierre tapisse
Et le vol des oiseaux dans les chênes touffus.


Marche et prête l’oreille en tes sauvages courses ;
Car tout le bois frémit, plein de rythmes confus,
Et la Muse aux beaux yeux chante dans l’eau des sources.


Théodore de Banville, Les Cariatides (1842)

mercredi 14 novembre 2018

récré du mercredi - Hugolin

Pour la récré de Jill

Hugolin
Un petit malin
Gentil mais turbulent
Offrant  c'est charmant
Les miaous à la cour de récré
Il  sait se  faire ainsi  pardonner
N 'oubliant pas des ronrons pour JB

LC de la Cachette  texte - photo 

vendredi 9 novembre 2018

Tercets du vendredi - Mouchoir


Pochettes brodées
souvenirs d'un temps désuet
- fade cellulose

 *photo internet

Dans les parcs
ils fleurissent en mai 
- Arbres à mouchoirs


Coup de froid
les yeux et le nez pleurent
- vite un mouchoir 

 

jeudi 8 novembre 2018

Jeudi poésie - Francis Carco






La fenêtre est ouverte et le jardin s’endort,
Longuement, avec des bruits d’eau et des murmures
D’invisibles oiseaux blottis dans les ramures
Que le soir a tiédies de sa caresse d’or.


La fenêtre est ouverte. Et monte le silence
Du cœur des fleurs, du cœur de l’ombre jusqu’à nous
Qui, pensifs, l’écoutons venir à pas très doux
Du fond de notre obscure et grave conscience.


La fenêtre est ouverte…et le jardin n’est plus
Qu’une chose confuse et doucement lointaine
Où l’on entend parfois, aux rumeurs des fontaines,
Bouger les ailes des oiseaux qui se sont tus.


Francis Carco