Élévation
Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,
Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l’onde,
Tu sillonnes gaiement l’immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.
Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
Va te purifier dans l’air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.
Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d’une aile vigoureuse
S’élancer vers les champs lumineux et sereins ;
Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
– Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes !
Charles Baudelaire, Les fleurs du mal

Bonjour Josette. Beau poème de Baudelaire incitant à élever son esprit. Bonne journée et bisous
RépondreSupprimerFaisons Josette, faisons ;-) merci, jill
RépondreSupprimerCoucou Josette
RépondreSupprimerMerveilleux poème de Baudelaire.
Je me régale toujours autant à relire notamment Les fleurs du mal pour les poèmes en vers Le spleen de Paris rédigés en prose
Bises et bon jeudi. Zaza
Un poème que je connaissais persque par coeur...
RépondreSupprimerMais les ans ont "endormi" ma mémoire, hélas.
Le plaisir à le relire reste toutefois intact.
Bon jeudi, Josette!