Les volets sont fermés
depuis déjà longtemps,
La porte, entrebâillée, ne craint plus le grand vent ;
Le jardin, délaissé, s’offre à sa déraison,
La tortueuse allée n’est plus que liseron.
La sonnette a perdu son droit de carillon,
La barrière, tordue, s’est figée sur ses gonds ;
La boîte, sans ses lettres, est pleine à déborder,
Elle doit son mal-être à la publicité.
Dans la rue, les passants filent par habitude,
Autant de pas perdus sans la moindre inquiétude ;
Passent les gens pressés, le regard loin devant,
S’ouvrir sur le passé n’est plus dans l’air du temps.
L’endroit est solitaire, il garde son secret,
Ses vieux propriétaires sont partis à jamais ;
C’était un p’tit bonheur, un paradis d’oiseaux,
Demain un promoteur en fera des studios…
KERFON LE CELTE




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