Îles de la nuit
Alors, les oiseaux
froids émigrent vers les Îles
Malheureuses, dérivantes
sur l'Atlantique,
Sous leur suaire de
brouillards, dont les navires,
Aveugles, traversent
la frange à la corne de brume.
Ah ! encore une fois,
entendre ces appels
Dans l'inquiétude
inavouée des basses terres,
Angoissants,
angoissés, par une longue nuit,
Peut-être sans
lendemain.
Et le vent de la mer
- Qui parle, se répète
et n'écoute jamais -
De ses doigts gantés
de glace touchant les harpes
De la tempête,
poussait au large, le tonnerre
Irresponsable de grandes
paroles émergées.
Louis BRAUQUIER (1900 - 1976)